mercredi 23 septembre 2009

Corto à la carte



Il n'est pas vraiment étonnant que Corto Maltese et les autres personnages nés sous le crayon d'Hugo Pratt aient servi d'illustrations pour des cartes à jouer. Le jeu édit par Lo Scarabeo en 2007 n'a pas grande originalité, puisqu'il se contente de plaquer des aquarelles de Pratt sur un jeu standard de 54 cartes.







Ah, oui, je lui reconnais une originalité, tout de même, dans la version vendue par cette boutique-là : l'illustration peinte sur le couvercle de l'étui en bois. Je peux comprendre les essais faits par des admirateurs, des repreneurs, des continuateurs, etc. Je m'en suis déjà fait l'écho, et je continuerai en ce sens. Mais j'ai du mal à comprendre la démarche consistant à peindre et vendre un tel étui contenant le jeu illustré avec des aquarelles de Pratt.






Je m'imagine mal, commerçant, vendre un DVD de Barry Lyndon en y incluant une séquence dix-huitièmiste tournée dans ma cuisine avec quels amis emperruqués pour l'occasion.

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dimanche 20 septembre 2009

Hugo en direct



Non, n'allez pas croire que j'ai commencé à faire tourner les tables pour parler aux morts ! Et n'allez pas croire, non plus, que j'ai fait une découverte sensationnelle. Je me contenterai, dans ce billet-ci, de vous donner deux liens vers deux vidéos que vous connaissez peut-être déjà, formant La Ballade de Corto, une reportage et une interview donnée par Hugo Pratt à l'équipe du magazine télévisé Thalassa en 1992.



 


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dimanche 13 septembre 2009

Hymne à l'Aragon

  
Dans un précédent billet, je vous avais fait part de mon goût prononcé pour le genre musical espagnol appelé la zarzuela. Et je dois reconnaître que j'en écoute beaucoup en ce moment, ce qui m'amène à revenir dire quelques mots, par ici, non pas de zarzuela, mais d'un opéra espagnol écrit par Tomás Bretón (1850-1923), qui se trouve avoir été compositeur de zarzuelas (dont la très belle Verbena de la Paloma).
  
La Dolores, créée en 1895 sur un livret de Josep Feliú i Codina, auteur catalan, est-elle pleinement un opéra ou est-elle « seulement » une zarzuela ? Je laisserai les puristes en débattre en eux. Toujours est-il que cette œuvre, qui a pour cadre l'Aragon, mêle habilement le lyrisme de l'opéra « classique » et la culture populaire de cette province. La Dolores est une œuvre pleinement espagnole - pleinement aragonaise, même - par son cadre, par ses personnages et par sa trame (la rivalité dramatique entre un riche paysan, un sergent vantard et un jeune homme qui se destine aux ordres, pour l'amour de la jeune servante d'auberge Dolores), par sa musique et ses danses.
Des diverses pièces composant cet opéra, c'est probablement la jota de la fin du premier acte qui est la plus connue. À la fois chant et danse, la jota, au rythme si particulier, n'est pas spécifique à l'Aragon, puisqu'on la trouve aussi en Navarre, dans les Asturies, en Castille ou encore en Catalogne. Mais cette jota-ci, celle de la Dolores, est certainement un des exemples les plus brillants du genre.
J'apprécie la jota quand elle est chantée et dansée dans les fêtes de village, par plaisir, entre amis, dans la simplicité. Mais je l'apprécie aussi quand elle prend une autre dimension, sur la scène d'un opéra, interprétée par des chanteurs et danseurs remarquables. C'est le cas de cet extrait-là, au Madison Square Garden, à New York, avec Plácido Domingo dans le rôle de Lázaro (ténor).


Pour le cas où vous seriez curieux de découvrir cette œuvre dans son ensemble, je me permets de vous en recommander l'enregistrement de 1998 disponible chez Decca (n° 466 060-2, en double CD). L'Orquestra Simfònica de Barcelona i Nacional de Catalunya y est dirigé par Antoni Ros Marbá. Et les principaux rôles vocaux sont tenus par Plácido Domingo, Tito Beltrán, Manuel Lanza, Stefano Palatchi, Enrique Baquerizo, Raquel Pierotti, et Elisabete Matos (dans le rôle de Dolores). Une interprétation pleine, riche et variée, jusqu'à la fin tragique.
 
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dimanche 6 septembre 2009

L'initiation, bientôt


J'attends avec impatience que ma libraire reçoive le livre que je lui ai récemment commandé : Corto l'initié, de Joël Gregogna (éditions Dervy, 2008, EAN13 9782844545343).



Un livre qui n'est pas sans lien avec mon précédent billet et dont je ne manquerai pas de venir quelques mots une fois que je l'aurai lu.
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Logés à bonne enseigne

 
Dans Fable de Venise, Corto Maltese croise et recroise des francs-maçons. L'album s'ouvre, d'ailleurs, en même temps qu'une tenue d'une loge maçonnique. Il aurait été étonnant qu'un voyageur à l'esprit curieux comme Corto, né d'un auteur féru d'ésotérisme comme Hugo Pratt, ne se retrouvât pas embringué dans une aventure où l'équerre et le compas auraient eu leur place.
Et il se passe rarement un été (saison souvent creuse pour les journalistes qui nous ressortent alors les « marronniers ») sans qu'un magazine ne nous fasse sa une sur les francs-maçons, le plus souvent pour montrer à quel point ils sont tombés dans l'affairisme ou infiltrés dans les couloirs du pouvoir. Et il y a les personnalités politiques qui tiennent à préciser qu'elles ne le sont pas. Ou bien qui reconnaissent qu'elles le sont. Et celles qui ne le sont pas mais qui voudraient bien faire croire qu'elles le sont (il se dit qu'un certain président en exercice signait certains de ses courriers de trois points en triangle, dont il prétendait ensuite, quand il était interrogé sur le sujet, que c'était juste une fantaisie ornementale, sans autre signification).
Bref, une société qui fut secrète et qui, aujourd'hui, continue à cultiver la discrétion, au grand dam de ceux qui voudraient tout savoir et au grand plaisir des amateurs de théorie du complot.

Aux uns comme aux autres, je ne peux que recommander la lecture du livre La Franc-maçonnerie pour les nuls, de Philippe Benhamou et Christopher Hodapp (Éditions First, 2008, 978-2-75-40-0696-5). Ceux qui ont déjà lu des livres de la collection « Pour les nuls » savent que ces ouvrages se basent sur une présentation pédagogique, par des bons connaisseurs du sujet traité, avec une touche d'humour, et sans chercher à convertir le lecteur au thème traité, que ce soit le yoga, le Coran, ou l'aquariophilie en eau douce.

Dans cet ouvrage-ci, le lecteur est amené pas à pas à la découverte de la franc-maçonnerie, en commençant par ce qu'elle est (et, donc, ce qu'elle n'est pas), son organisation en loges et obédiences, sa symbolique, sa philosophie et ses rites. Enfin, le livre aborde la place de la franc-maçonnerie dans la société d'aujourd'hui et celle qu'elle pourrait avoir dans la société de demain ; pour ceux qui s'intéressent au sujet, c'est probablement ce chapitre qui soulève les questions qui méritent qu'on s'y arrête (bien plus que les aspects « extérieurs », y compris ceux à la symbolique forte). Comment la franc-maçonnerie se confronte-t-elle aux changements de notre société ? Comment évolue-t-elle face aux nouveaux défis de la spiritualité, de la laïcité et de la fraternité ? Comment les membres d'une société discrète, voire secrète, peuvent-ils tirer parti d'outils comme l'internet pour débattre à l'échelle de la planète ?

Même si vous n'envisagez pas de frapper à la porte d'une loge pour vous y porter candidat, voici un livre qui apportera un éclairage loin du mysticisme exagéré ou de la paranoïa nauséabonde. Et un livre que vous pouvez acheter sans avoir besoin de faire des signes étranges de connivence au libraire.

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vendredi 4 septembre 2009

Bouteille à la mer

 

A en juger par les statistiques de consultation du blog, il y a (fort heureusement) plus de lecteurs que de personnes qui laissent des commentaires.
Certains lecteurs voudraient peut-être donner un avis rapide sur un billet sans pour autant prendre le temps d'écrire un commentaire. Aussi, j'ai intégré au blog une fonction que j'ai repérée sur d'autres blogs et que je trouve plutôt pratique : elle offre la possibilité de donner un avis en un clic.
Vous trouverez donc au pied de chaque billet une question « Billet intéressant ? », à laquelle je vous propose de répondre par « oui », « bof » ou « non ».
Si vous souhaitez envoyer un commentaire plus développé pour un billet donné, la fonction « commentaire » reste, bien sûr, totalement opérationnel.
Désormais, vous n'avez plus aucune raison de ne pas donner votre avis !
  

 
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mercredi 2 septembre 2009

L'œil et le compositeur


Des livres sur la photographie abordée sur le plan technique, j'ai en feuilleté des rayons entiers, j'en ai acheté certains, emprunté d'autres dans des bibliothèques. Et je ne parle pas de livres consacrés spécifiquement à un modèle d'appareil photo du genre « Tirez le meilleur de votre Bidule 444 Z », mais plutôt de livre du genre « Tout savoir sur la photographie numérique » ou « Le portrait photo en dix leçons », etc.
Pourtant, il me manquait toujours quelque chose, une présentation différente, qui me permette de comprendre l'organisation même d'une image photographique, ce qui fait qu'elle nous paraît facile à lire ou qu'au contraire, elle nous pousse hors de notre équilibre habituel.
 
J'ai finalement trouvé l'ouvrage qu'il me fallait pour m'ouvrir les yeux sur tout cela, avec le livre de Michael Freeman, L'œil du photographe et l'art de la composition (Pearsons Education France, 2007, 978-2-7440-9195-7). Au fil des 6 chapitres, Michael Freeman nous amène du général au particulier, partant du cadre de l'image, puis exposant le principe de base de la composition (contraste, équilibre / tension, rythme, texture, etc.), soulignant le graphisme et les éléments photographiques (en insistant sur les formes, lignes et courbes), introduisant ensuite la dimension colorée, avant de s'intéresser plus en profondeur à l'intention qui guide le photographe pendant la séquence mentale puis physique où il compose son image. Le dernier chapitre est consacré au processus de la composition, de la chasse aux images à la postproduction.

Un livre particulièrement bien conçu sur le plan didactique, avec un langage accessible mais pas simpliste, et des exemples fort pertinents. Un livre, qui plus est, très agréable dans son format presque carré et sa maquette où texte et image trouvent chacun leur place sans envahir l'autre.

La lecture de ce livre ne fera pas de moi, d'un coup de baguette magique, un bon photographe. Mais il va me permettre de réfléchir plus profondément à cet art de la composition, en regardant d'un nouvel œil les photographies des autres et en m'aidant à analyser les miennes et à faire évoluer ma pratique.

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mardi 1 septembre 2009

Corto par Marie Meier


D
ans la série des Corto revisités par divers illustrateurs, voici aujourd'hui la version de Marie Meier, exposée dans l'un de ses blogs, Goth'n'Roll Graphik Blog.
 


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lundi 31 août 2009

Indiana Jones en petits bouts



Mettre en scène des aventures d'Indiana Jones n'est pas réservé aux « grands enfants » comme Steven Spielberg et George Lucas. Même les enfants le peuvent, avec quelques personnages et décors de la célèbre firme Lego et de l'imagination, les voilà partis pour des heures d'évasion.

Dans les rues animées du Caire ou de Shanghai, sur la piste d'un aérodrome ou dans les corridors d'un temple mésoaméricain, Indiana Jones saura relever les défis les plus improbables. Budget de l'aventure : illimité !, il suffit de dire « Et si... ».

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dimanche 30 août 2009

Corto à l'école

 

Deux des aventures de Corto Maltese entrent dans le programme scolaire français (collège, lycée professionnel et lycée général), à en juger par leur entrée dans la collection « Classiques & contemporains » aux éditions Magnard :
- Fable de Venise (2009, ISBN 978-2-210-76151-3) ;
- La jeunesse de Corto (2009, ISBN 978-2-210-76152-0).

Chacun de ces ouvrages comprend la bande dessinée en version intégrale couleurs, et un dossier « Après-texte » qui aide les élèves à réfléchir autour de l'œuvre, tant sur le plan artistique (la composition visuelle, la construction du récit, etc.) que sur le plan des thèmes abordés (la guerre, la rêverie, etc.) et qui donne, en outre, des indications bibliographiques pour aller plus loin, ainsi qu'un lexique.
Il faut également noter que les enseignants peuvent télécharger un « livret du professeur » pour ces livres sur le site de l'éditeur, grâce à leur identifiant NUMEN.
Il va sans dire que tout fan de l'univers de Corto Maltese ne pourra que se trouver pleinement content à double titre :
- voir ces albums entrer dans le champ scolaire (au côté, signalons-le, d'autres grands titres et noms de la BD, comme Les phalanges de l'ordre noir de Bilal et Christin ou Adèle et la Bête de Tardi) reconnaît, s'il en était encore besoin, la valeur de la BD comme élément de culture ;
- ces livres parascolaires fournissent à tous, découvreurs, curieux, ou fans de Corto, des questionnements pour aller plus loin que la première lecture de ces œuvres.
Et même si je croyais connaître plutôt bien ces deux aventures-là, j'ai pu en découvrir de nouvelles richesses grâce à ces deux ouvrages. J'applaudis donc des deux mains cette initiative, et je ne peux qu'encourager les curieux et les fans à se les procurer, quand bien même il aurait, comme moi, largement dépasser d'être élèves au lycée !

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