lundi 15 juin 2009

Entre gens de bonne compagnie


Vadrouillant, ces derniers temps, ici et là et mettant moins souvent que je le voudrais les pieds sur le pont de la goélette, j'en arrive à manquer à mes devoirs envers les membres assidus de l'équipage (les « abonnés » au blog).
Sans vouloir laisser de côté les autres abonnés, je vais donner un coup de lampe sur l'un d'entre eux. Pourquoi celui-là plutôt qu'un autre ? Tenir un blog intitulé Spirit of Corto vous paraît-il une raison suffisante ?



Pour l'instant, je n'ai pas encore déposé de commentaires dans les billets de ce blog-là, mais ça ne va pas tarder. De l'expo en cours à Cherbourg (à 900km de chez moi, une paille !) au mercantilisme cortomaniaque (dont je suis parfois victime consentante, c'est un fait), il y a là quelques sujets qui me donnent envie d'y mettre un petit grain de sel.

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Homage, avec un seul m


C'est sur le site de l'illustrateur Aynaku que j'ai découvert une autre réinterprétation de Corto Maltese.
Cet « homage » est celui de Massimo Cartaginese, un illustrateur qui, alors qu'il était étudiant, a connu Hugo Pratt au début des années 1980, et donc Corto est le personnage de BD préféré. Un « carthaginois » qui rend hommage à un Maltais né d'un Vénitien, voilà bien des histoires de Méditerranéens !





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samedi 13 juin 2009

Voyage à Tchong-King

Vous allez me croire atteint du virus du Yang-Tse-Kiang. Après la canonnière de Richard McKenna et de Robert Wise, voici que je vous propose d'embarquer sur les canonnières de Constantin de Slizewicz.

Dans ce remarquable ouvrage aux éditions de l'Imprimerie nationale (2008, ISBN 978-2-7472-7436-4), Les canonnières du Yang-Tsé-Kiang, Constantin de Slizewicz, photographe et écrivain résidant dans le Yunnan depuis 1997, nous invite à un voyage sur le fleuve, jusqu'à plus de 2.000km de la mer. Ses textes accompagnent les photographies du lieutenant de vaisseau Maurice Fournet, qui a commandé de 1936 à 1938 le Balny, une des canonnières du Yang-Tsé-Kiang.

Constantin de Slizewicz décrypte les journaux de bord du lieutenant de vaisseau et d'autres officiers, analyse et met en valeur les photographies, nous fait partager la vie quotidienne de ces marins d'eau douce, au sens noble de l'expression, les villes débordantes d'activité, les sampans croisant les vapeurs, tout en nous permettant de comprendre les enjeux que représentaient le fleuve, le trafic fluvial et son contrôle tant pour la Chine que pour les puissances occidentales.
Le Yang-Tsé-Kiang est aujourd'hui un fleuve en partie brisé par les menées de l'homme avec le barrage des Trois-Gorges. Mais dans ce livre, certaines photographies prises à un même endroit à plusieurs mois d'intervalles permettent d'en imaginer la force quand il est libre, quand le niveau de ses hautes eaux est supérieur de dix, vingt, voire trente mètres, à celui de ses bases eaux. C'est ainsi qu'une ville comme Tchong-King, base navale française à 2.400km de la mer, étonnamment perchée sur pilotis à flanc de falaise a, quelques mois plus tard, les pieds dans l'eau !



Que vous soyez curieux d'histoire navale, de Chine, de photographies anciennes ou tout simplement de dépaysement dans le temps et l'espace, feuilletez ces Canonnières du Yang-Tsé-Kiang. Puis cédez à la tentation de l'acheter.

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Pour aller plus loin dans la connaissance des canonnières de Chine, voici deux sites internet indiqués dans la bibliographie de ce livre :

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dimanche 31 mai 2009

Ballade en miniatures


Dans sa Ballade de la mer salée, Hugo Pratt envoyait Corto à l'aventure dans les îles du Pacifique Sud. Il y croisait une galerie de personnages allant de guerriers mélanésiens à des officiers de marine allemands devenus corsaires, en passant par un énigmatique moine, des équipages de cargo patibulaires et des soldats japonais.

Le fabricant de figurines Pulp Figures offre aux amateurs du genre une gamme suffisamment large pour y trouver de quoi mettre en scène tout ces personnages-là.








Quant à Corto lui-même, vous pourrez le trouver dans la gamme Wargames Foundry, et plus particulièrement dans cette série dont j'ai déjà parlé dans ce billet-là.

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De Corto à Matisse


Quand un créateur fait se rencontrer l'esprit de Corto Maltese et celui de Matisse, cela peut donner ce « Corto Matisse », publié dans le blog de Graffica.


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samedi 23 mai 2009

Les écueils du Yang-Tsé


Il se passe rarement une année entière sans qu'une chaîne de télévision diffuse La canonnière du Yang-Tsé. Je l'ai vu et revu et pourtant, je ne m'en lasse pas. Bien sûr, les puristes de la translittération pinyin écriront Yangzi Jiang, aujourd'hui. Mais pour moi, ça reste le Yang-Tsé-Kiang, façon École française d'Extrême-Orient. Et le nom de ce fleuve est associé, dans mon esprit, à ce film.

J'ai vu le film de Robert Wise (1966) bien avant d'avoir mis la main, chez un bouquiniste, sur un exemplaire du roman de Richard McKenna The Sand Pebbles, qui a donné son titre au film. Le titre français du roman, Le San Pablo, reprend le nom du navire qui sert de point névralgique au roman comme au film. Le titre original, The Sand Pebbles, jeu de mots phonétique avec le nom du navire, est plus complexe, mêlant le sable (sand) et les galets (pebbles), expression désignant les membres d'équipage de cette canonnière.

Que vous vous embarquiez sur le fleuve par le roman ou par le film, l'aventure sera similaire, et à plusieurs étages. La toile complexe des relations humaines entre officiers et équipage, du capitaine plein de doutes mais aux pulsions de grandeur héroïco-suicidaires au chef mécano – personnage central – que son comportement de forte tête fait passer de navire à navire. Relations complexes, également, entre l'équipage américain de la canonnière et tout le petit monde de coolies chinois installés à bord, soutiers pelletant le charbon dans la chaudière, barbiers ou cuisiniers. Tensions entre puissances, États-Unis puissance coloniale (comme la France, l'Angleterre ou la Russie) face à la Chine au sein de laquelle souffle le vent de la nation, du nationalisme. Mosaïque du peuple chinois, des maquereaux de bars à marins américains aux filles de salle vendues et achetées pour quelques poignées de dollars, en passant par les étudiants secouant le joug des oppresseurs étrangers, ou les militaires amenant le pavillon étranger dans la cour des consulats pour y hisser le pavillon chinois. Et au milieu de tout cela, des missionnaires, hommes et femmes, persuadés qu'il est possible de vivre non seulement côte à côte mais tous ensemble.
Le roman et, plus encore, le film savent conjuguer les scènes intimistes et les paysages en format panoramique.

Photo extraite du site The Sand Pebbles

Le San Pablo, ses officiers et son équipage vont devoir naviguer sur le Yang-Tsé, fleuve symbole de cette complexité, naviguer entre les bancs de sable, éviter les écueils, traverses les épreuves.
Ni le roman ni le film ne sont des œuvres parfaites. Le film, en particulier, pèche parfois par sa longueur, s'étirant au point qu'il s'étiole presque, surtout vers la fin. Mais ils ont tout deux de grandes qualités. Le roman est malheureusement moins connu que le film, et largement moins facilement trouvable aujourd'hui, en français tout au moins (il est paru aux éditions Stock en 1963) ; il mérite pourtant largement le détour.

Photo extraite du site The Sand Pebbles

Les critiques publiées à la sortie du film (nombre d'entre elles sont accessibles grâce à ce passionnant site, The Sand Pebbles) font le parallèle entre ce regard du roman et du livre sur la Chine du milieu des années 1920 et ce à quoi les États-Unis étaient confrontés, en cette année 1966, dans le lointain Vietnam. Profondeur supplémentaire apportée à ces deux œuvres qui n'en manquaient déjà pas.

Si vous n'avez pas encore entendu le chant de la machine à vapeur sur le Yang-Tsé, embarquez donc sur le San Pablo aux côtés de Jake Holman (un Steve MacQueen au sommet de son art).


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  • Les photos illustrant ce billet ont été empruntés aux collections présentées sur le site The Sand Pebbles.

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Quand Corto se tient à carreaux


Toujours dans mes recherches de réinterprétations de Corto, j'ai trouvé, dans le blog du mosaïste Michel Jacquier, la présentation des étapes de sa réalisation d'un mosaïque représentant Corto Maltese d'après une aquarelle de Luca Raimondo à laquelle j'avais d'ailleurs consacré un article dans ce carnet de bord.



Une appropriation originale d'une réinterprétation de Corto. Comme du billard en deux bandes.

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samedi 9 mai 2009

Escarto Maltese


Si j'ai créé ce blog et les deux voisins (Chez Monsieur de C et Polars, œuvres noires et thrillers ), c'est pour partager mes découverts, coups de cœur et coups de griffes.

En grand curieux, je vais aussi fureter dans les blogs des autres, parfois de manière récurrente, parfois de façon plus anecdotique.

C'est ainsi que chez YeuYin, j'ai trouvé la référence à un dessin pastichant Corto Maltese (vous avez dû remarquer que chercher ces « autres Corto » est une de mes marottes).
J'ai remonté la piste de ce lien, vers le blog de Kikimundo et son billet consacré à sa découverte de l'univers de Corto. Placé sous le signe de l'escargot, ce site ne pouvait donc héberger qu'un Escarto Maltese (et, je pense, un Rat-spoutine) ! Mais, de l'aveu même de son auteur, ce dessin-là n'a rien d'une moquerie : c'est, tout au contraire, « une sorte de clin d’œil à Hugo Pratt dont [il] admire le travail ».

Je ne pouvais, à mon tour, faire autrement que d'inviter ici ce drôle de Corto-là.

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lundi 4 mai 2009

Cap au froid !


J'ai déjà dit du bien de la revue La Géographie, et ce n°5 de sa nouvelle formule ne me fait toujours pas changer d'avis.

Pour ce numéro de l'hiver 2009, la rédaction nous fait mettre le cape sur les pôles et, plus généralement sur les zones de froid et de glace. Comme dans les précédents numéros, ces destinations sont explorées sous des angles divers. Par exemple :
  • la géographie physique, avec la compréhension des phénomènes de vie et de mort des glaces ou celle des apports des glaces à l'étude de l'évolution de notre monde ;
  • la préhistoire, avec l'incontournable Ötzi, le « pas si abominable » homme des neiges ;
  • l'histoire, avec le rappel des expéditions polaires ;
  • l'ethnographie, avec un regard sur les Inuit, presque doubles victimes, directes et indirectes, de notre civilisation « pas très durable » ;
  • la création artistique, avec les sculptures sur glace.

Cet éclectisme des approches, servi par des textes solides sans être abscons et des illustrations recherchées sans être envahissantes, voilà ce qui me séduit tout particulièrement dans cette revue. Je ne me détourne pas de Géo ou de National Geographic, pour ne citer que ces deux magazines-là, mais je n'y trouve pas la même profondeur que dans La Géographie, peut-être parce qu'ils donnent une place prépondérante aux images par rapport aux textes.

Et, à tous ceux qui pensent que la géographie est une discipline scolaire parfois soporifique (surtout quand elle est enseignée sous la forme de tableaux comparatifs de population ou de PIB), je conseille la lecture du billet de Sylvie Brunel (professeur de géographie à l'université Paris-Sorbonne), en dernière page de la revue, sous le titre « Bonheur de la géographie ». Sa géographie n'est pas quantitative, elle est humaine : « La géographie, c'est une littérature humaniste appliquée à l'espace ».

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  • Élément complémentaire tout à fait subjectif – sensoriel, même – j'aime beaucoup le format et le papier de La Géographie. L'argument n'en est peut-être pas un pour vous, mais pour moi, qui suis attaché au livre papier bien plus qu'au livre électronique, ce n'est pas anodin du tout.
  • Le sommaire détaillé de la revue est visible sur le site de la revue.
  • Un des lecteurs de mes carnets de bord a lui aussi parlé de ce n°5 dans son blog.

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dimanche 3 mai 2009

A table avec Corto


Sa forme elle-même était faite pour me ravir. Cahier à spirales, typographie imitant l'écriture manuscrite, dessin et aquarelles d'Hugo Pratt. N'en jetez plus, je suis client ! Je suis cortophile tendance cortomaniaque, et j'assume.
Bon, je dois dire que trouver du pied de dromadaire est assez difficile. Quant à mitonner des serpents, en France, ça revient à porter atteinte à des espèces protégées. Mais, il vous reste tout même la possibilité de cuisiner de la rascasse ou des avocats, ou de préparer du vin d'orange. Ce qui vous laisse déjà une large gamme de possibilités.


Mais pourquoi vous parlerais-je de tout ceci ? Tout simplement pour vous présenter Carnet de cambuse (éditions Casterman, 2007, ISBN 978-2203005785), un ouvrage de Michel Pierre, qui a bien connu Hugo Pratt et avec lequel il avait eu le projet de publier un livre de recettes qui reflèterait le cosmopolitisme de l'univers de Corto Maltese. Michel Pierre, fin connaisseur de cet univers, avait déjà publié les très intéressants Mémoires et Femmes de Corto.
On pourrait nourrir la crainte – légitime – de tomber sur un livre de cuisine où ce gentilhomme de fortune ne serait qu'un alibi sur la couverture. Un peu comme quand Corto a été utilisé pour une publicité pour un parfum. Une fois le livre en main, cependant, la crainte s'envole.
Car c'est vraiment l'univers cortomaltesien qui se dessine là, dans cette toile tissée de mots et de dessins, de promesses de saveurs classiques et exotiques. Chacun peut se mettre au fourneau pour réaliser les plats proposés (enfin, tant que les ingrédients restent légaux sous nos latitudes !). Et en suivant les conseils du sommelier Antonio Mazziteli, vous pourrez même étonner vos invités.




Et même si vous n'êtes que piètres cuisiniers, vous pourrez au moins vous faire lecteurs, et voyager en gourmets par l'esprit. Ou bien, offrez-le à quelque bonne toque de votre entourage, et profitez de ces recettes qu'elle vous préparera !

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